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Histoire du
Japon << |

+ Nous avons
connaissance en occident du Japon grâce à Marco Polo (1254-1324)
qui dans son livre de voyage (1301) décrit une île nommée Cipangu (on trouve aussi Cipango) en face de Cathay (la
Chine). C'est en fait la déformation du cantonnais Jih pen Kwok
et du mandarin Jypen Khoue : "Pays du Jipên". Par la suite, pour
nommer le Japon, on utilisera une transcription des formes
dialectales japonaises telles que Hip-hon ou Zip-hon.
Aujourd'hui, les japonais disent Nihon ou Nippon qui signifie :
"soleil levant".
+ L’histoire du Japon, si l’on considère qu’aucun
pays n’a été aussi continûment, aussi complètement isolé, est
celle de plusieurs "tentations de l’Occident" et de longues
périodes de repli féodal, orageuses ou, sous les Tokugawa,
" miracles d’ordre et de discipline ", au cours desquelles le
Japon digère ses acquêts de civilisation et choisit les règles
de son comportement social. Imprégnée à l’origine de la culture
chinoise qui déferla, au VIe siècle, avec l’introduction du
bouddhisme, la civilisation japonaise en a décanté, adapté,
transformé les enseignements. L’avidité de la connaissance
extérieure (la " science hollandaise " des XVIIe, XVIIIe et
XIXe siècles) et le mépris de l’étranger se disputent l’esprit
du Japon ancien, pays qui ne sera jamais occupé avant la fin de
la Seconde Guerre mondiale, période au terme de laquelle les
États-Unis, conscients de la valeur du peuple qu’ils ont vaincu,
restitueront au Japon sa dignité et sa personnalité ; ils
sauveront l’institution impériale qui, dépourvue en fait à
travers l’histoire de pouvoir réel, constitue le symbole du
pays, celui qui "impose à la nation l’obligation de ne pas
mourir" (P. Claudel).
+ L’équilibre social
du Japon a été longtemps maintenu en fonction de règles
économiques : organisation autoritaire des villages, des
métiers, du commerce, de la consommation des diverses classes
sociales. Depuis qu’il a renoncé à l’expansionnisme impérialiste
inspiré par les besoins du ravitaillement de son peuple et de
son industrie, le Japon s’est organisé de manière à dépendre,
pour sa subsistance, de sa seule production de masse de biens de
grande consommation et de produits de haute fabrication
(constructions navales, par exemple). Grâce à l’absence de toute
tradition universaliste, le Japon s’est, lors de la restauration
de Meiji, facilement adapté à l’âge moderne. Il est aujourd’hui
devenu l’égal des principales puissances de l’univers. Si la
société et l’économie japonaises comportent toutefois des
domaines moins développés, voire des secteurs archaïques, le
système du Japon moderne tire en fait de ses traditions, sur le
plan de l’organisation du travail et de la discipline, des
avantages certains. Il est ainsi devenu le troisième Grand du
monde industriel, en dépit de sa légendaire pénurie en matières
premières.
+ Après avoir
tenté de dominer par la force, à l’époque du militarisme, la
" zone de coprospérité " de l’Asie, le Japon pacifique
d’aujourd’hui qui a, par sa Constitution, renoncé à la guerre et
aux armements offensifs, intervient, par son commerce très
actif, et accessoirement par son aide aux pays sous-développés
dans tous les pays de l’Asie (y compris, pour le commerce, la
Chine rouge, la Corée du Nord et le Nord-Vietnam, en dépit des
liens politiques qu’il conserve avec Taiwan), dans le Pacifique,
dans l’Asie du Sud-Est et en Inde. À ces pays jeunes, il offre,
avec des biens de consommation et des produits manufacturés, les
moyens de s’équiper ou de produire eux-mêmes.
+ Le Japon étend
actuellement cette politique aux pays du monde arabe, de
l’Afrique noire et blanche, et réclame, aux Nations unies, une
place plus conforme à son rôle réel dans le monde.
+ À l’abri d’un
parti dominant, étroitement lié aux affaires, moins politicien
que gestionnaire, et suprême conseiller du développement
économique et social de l’État, la vie politique est d’ampleur
réduite. Négociateurs, les syndicats mesurent leurs
revendications en termes politiques précis et visent moins à la
prise de possession du pouvoir qu’au contrôle efficace du
capitalisme. Le niveau de vie des Japonais s’élève ainsi
régulièrement en fonction de l’accroissement de la prospérité
nationale. Le renouveau du mouvement nationaliste n’entame pas
la conviction qu’a le peuple japonais de dépendre du reste du
monde pour la conservation même de son patrimoine et de sa
prospérité. L’agitation révolutionnaire est ordinairement
l’apanage d’une jeunesse impatiente, que la nécessité d’assurer
sa subsistance et la fondation d’un foyer ramène ordinairement
au sein de la communauté japonaise, où la contestation
intellectuelle persiste néanmoins sous la forme artistique,
littéraire et philosophique.
+ La stabilité
économique et politique, l’abondance de la main-d’œuvre
(prélevée sur la masse agricole dont la déflation est assurée
par une spectaculaire mécanisation et par l’augmentation des
rendements), son haut degré de formation, le faible poids des
charges militaires et économiques, le développement du
capitalisme populaire, l’organisation structurelle des
industries, la circulation de l’argent par l’accroissement de la
consommation d’un marché intérieur gigantesque, tous ces
éléments font du Japon moderne un pays qui, sorti de son
isolement grâce aux leçons de l’étranger, et, s’il tend
progressivement aujourd’hui à dépendre du monde extérieur par
son commerce, aspire à vivre de plus en plus par et pour
lui-même. |
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